Histoire

Fronsac, un empereur le découvre et un duc en fait une folie … !

Le Château Jeandeman est situé sur le vignoble de Fronsac.
Au cours des siècles, les vins de Fronsac ont toujours fait partie du petit club des grands vins réputés à travers le monde.
Le professeur Henri Enjalbert, géographe de renom, parlait de ce terroir comme « le berceau des Grands Bordeaux du Libournais » et comme « le coteau sacré de la région ».

Jeandeman, un vignoble au nom singulierDès l’Antiquité, le vin est expédié depuis le port de Libourne pour être dégusté à travers tout le grand royaume romain.
Mais la grande postérité des Fronsac s’affiche clairement avec l’arrivée de Charlemagne.
En 729, Charlemagne y bâtissait le premier château. Il y campa le temps de la construction de cette puissante forteresse.
Séduit par la qualité des vins du terroir, l’empereur fait beaucoup pour la viticulture. Il recommande de « fabriquer le vin avec une extrême propreté et de le conserver dans des barils cerclés de fer ».
A son tour, il veille à ce que le breuvage soit expédié dans tout son royaume, qui court de l’Allemagne à l’Espagne.

Un peu plus tard, au Xlle siècle, Fronsac tombe dans l’escarcelle des Anglais pour le plus grand bonheur des marchands aquitains qui expédient le vin vers les possessions britanniques et installent ainsi solidement leur notoriété à travers toute l’Europe du Nord.

Les Fronsac connaissent leur heure de gloire au XVIIIe siècle.
Il faut dire qu’ils ont alors un ambassadeur exceptionnel : le duc de Richelieu.
En 1663, celui-ci décide d’acquérir pour sa famille les terres du duché de Fronsac. Et ce sera sur les ruines de l’ancienne forteresse que son petit-fils, le Maréchal François-Armand du Plessis, Duc de Richelieu, fait édifier une « folie », théatre de fêtes galantes dont l’écho se propagera jusqu’à la cour du roi Louis XIV.

Brillant, intelligent, vif, séduisant, amateur insatiable de femmes et de fêtes, François-Armand a été présenté à 14 ans à la cour sous le nom de Fronsac. Un raccourci facile qui remplace avantageusement son patronyme nobiliaire à rallonge ! Louis François Armand de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu et duc de Fronsac.
Fronsac devient la coqueluche de la cour et prend petit à petit un réel poids politique. C’est lui qui impose les vins de l’Aquitaine à la cour et tout particulièrement son Fronsac, qu’il sert toujours en premier au cours des multiples repas qu’il donne aux puissants du Royaume.

Château JEANDEMAN dans l’édition Ferret de 1922L’histoire plus récente est marquée par la volonté des vignerons de Fronsac de faire reconnaître le caractère exceptionnel de leur terroir et de leur travail.

 

Jeandeman, un vignoble au nom singulier

Construit au milieu du XVIIIième siècle, le Château Jeandeman portait alors le nom « ESCOTEBISE » (écoute le vent) en raison de sa position géographique exceptionnelle au sommet du point culminant du Fronsadais.
Jean Chollet, important négociant libournais, en fut le premier propriétaire.

Il écoulait la totalité de sa production dans les flandres belges. Or le nom gascon d’Escotebise était difficilement prononçable et compréhensible par les clients flamands qui le rebaptisèrent eux-mêmes JAN DE MAN (l’homme Jean), JEANDEMAN en hommage au prénom de Jean Chollet.

Le nom de JEANDEMAN était né … de la volonté de ses propres clients !

Jean Chollet puis sa veuve en firent une des plus belles propriétés du Fronsac tant par sa taille que la qualité de son vin.

Le Château Jeandeman est acheté en 1919 par Joseph Roy, déjà vigneron dans un domaine voisin.
Jacques Roy, son fils, lui succède en 1952. Jacques Roy décède en 1962.
Françoise, sa veuve, en se remariant en 1965 avec Jean-Marie Trocard, scelle l’union des deux familles Roy et Trocard.

Ensemble, ils exploiteront pendant 30 ans le Château Jeandeman et Laborde qui connaîtront un véritable élan sous leur impulsion : le vignoble passe de 16 à 42 hectares.
Le fils de Françoise et de Jean-Marie Trocard, Jean Trocard reprend le vignoble secondé à partir de 2001 par son épouse Bénédicte.